Rencontre avec Didier Damestoy

Le jeudi 13 décembre les élèves de 1ère S1 et S2 ainsi que 1ES3 ont eu l’opportunité d’assister à une conférence dans le cadre du projet LEAR (Lire et Ecrire A La Rochelle).

Didier Damestoy est venu nous apporter son témoignage sur la traduction qu’il a réalisée de l’oeuvre de son grand-père Alvaro De Orriols qui décida de rédiger un journal de l’exode espagnol intitulé Las Hogueras del Pertús (Les Feux du Perthus).

Dans ce récit, illustré par 69 dessins réalisés de la main de l’auteur, ancien élève des Beaux Arts de Madrid, Orriols nous livre le quotidien de ces Républicains forcés à abandonner leur pays face à la victoire franquiste.
La longue marche vers la France, l’angoisse des bombardemants et le désespoir, l’accueil dans les camps français et le doute face à l’avenir hasardeux.

« Que vais-je faire ?… Je ne sais pas. Il est impossible, aujourd’hui, de croire en la chimère du lendemain. Nous vivons un présent sans foi et sans avenir. Ils nous ont tout pris : le foyer, le travail, la patrie, la fortune. Que pourrons-nous léguer à nos enfants ? L’héritage le plus terrible de tous les héritages, le seul qu’il leur reste, le seul que personne ne pourra plus leur contester, autrement dit : la Misère ! En exil, juin 1939 »

Après la présentation du contexte historique de l’Espagne au début du XXè siècle et du journal de son grand-père, Didier Damestoy a pu échanger avec les élèves.

Quelques témoignages :
« J’ai aimé la sincérité avec laquelle Didier Damestoy a témoigné et répondu à nos questions. C’était intéressant de connaître réellement les actes de cette Guerre Civile »

« Ce qui m’a le plus marqué, c’est le fait qu’ils devaient laisser toutes leurs affaires derrière eux et prendre le strict nécessaire et qu’une fois arrivés en France, ils furent traités comme des prisionniers »

« J’ai trouvé beau et émouvant la comparaison des « feux du Perthus » avec la flamme de la statue de la Liberté, par Alvaro de Oriolls alors que lui et sa femme souffraient du froid, enroulés dans une couverture au bord du chemin menant à la frontière, comme des « chiens » alors qu’ils vivaient leur dernier jour en Espagne »

« Lors de la conférence Didier Damestoy nous a expliqué que son grand-père a écrit ce journal pour ses enfants, pour qu’ils connaissent l’histoire de l’exode. Il nous a aussi expliqué qu ‘il a voulu le traduire en français pour que les petis-enfants des rescapés espagnols puissent savoir comment leurs grands-parents sont arrivés en France. On apprend aussi que son grand-père n’est jamais retourné en Espagne car il était recherché en tant que Républicain ».

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