Rencontre du poète turc Azad Ziya Eren

En partenariat avec le Centre intermondes de La Rochelle et l’association LEAR (Lire et écrire à La Rochelle), une soixantaine d’élèves du lycée Saint-Exupéry ont eu l’occasion de rencontrer le poète Azad Ziya Eren au CDI le mercredi 12 avril 2017.

Azad Ziya Eren est poète, peintre, illustrateur et photographe. Il est est âgé de 41 ans et est né en Turquie. Il est diplômé de biologie, instituteur de profession, il commence à publier ses écrits dans des revues à partir de 1997. Il fonde deux revues dédiées à la peinture et à la poésie. Il est lauteur de nombreux recueils de poèmes dont beaucoup ont été traduits en allemand, anglais, arabe, arménien, français, kurde et syriaque.

D’origine arménienne et kurde, Azad Ziya Eren a perdu son emploi d’instituteur comme des milliers d’autres, soupçonnés d’être opposants au régime après la tentative de coup d’État de juillet 2016. Après avoir franchi de nombreux obstacles, Azad, le poète, est en résidence artistique à La Rochelle avec sa femme et ses deux enfants. Ils vivent dans un avenir incertain avec l’espoir très mince de retourner en Turquie.

Dans le cadre de la préparation au baccalauréat de français, deux classes de première ont rencontré le poète, une première littéraire avec Mme Deshayes et une première ES avec Mme Paris. En amont de la rencontre, les lycéens ont lu des extraits de Tout un monde et le poème Les cloches de campagne. Au CDI, ils ont travaillé sur la biographie de l’auteur, ils ont réagi sur le questionnaire de Proust paru dans Tout un monde. Puis, ils se sont interrogés sur son travail, ses sources d’inspiration, sa démarche d’écriture, la multiplicité de ses activités artistiques. En réaction à l’actualité, le contexte politique en Turquie a forcément été abordé (distribution d’un article de presse Que veut Erdogan pour la Turquie ?).

Le jour de la rencontre, Azad était accompagné d’une traductrice car il ne parle ni français ni anglais. Cela n’a pas dérangé le bon déroulement de la rencontre, au contraire, ce fut un plaisir d’écouter une langue peu connue, cela a contribué à la découverte de la culture Turque.

Azad s’est montré très ouvert et très accessible pour nos élèves, il a parlé avec passion de son écriture et de sa poésie. Pour lui, la poésie ne fait pas gagner de l’argent, en revanche, elle fait gagner une vie riche en découverte. Il ne veut pas écrire mécaniquement, il ne faut pas écrire de la poésie, il faut vivre la poésie. Il a insisté sur le fait de bien connaître sa langue maternelle afin de pouvoir jouer avec les mots et travailler avec eux : « si vous souhaitez écrire, lisez des dictionnaires ! » a-t-il dit. Ses sources d’inspiration sont sa vie, ses douleurs personnelles mais aussi les douleurs universelles. Pour lui, la traduction ne dénature pas sa poésie, il faut juste un bon traducteur en qui avoir confiance.

Tous les domaines artistiques qu’il pratique (écriture, peinture, illustration, photographie) font profondément partie de lui, ils s’influencent les uns les autres. Il a choisi l’art pour s’exprimer mais ça n’est pas une fuite.

Des questions plus personnelles ont été posées sur l’exil, le racisme et l’emprisonnement. Enfant, Azad a vécu l’exil pendant 10 ans avec ses parents, un héritage qui, malheureusement, passe de père en fils. Le jour de son arrestation, il avait un livre de poésie dans la poche…

Son pays lui manque terriblement tout comme sa famille. Malgré tout, le poète donne un message d’espoir aux jeunes lycéens, pour lui, la plus grande richesse est de réussir à vivre ensemble et il donne toute sa confiance à la jeunesse !

Ce fut un bel échange, riche en émotion. Des poèmes d’Azad Ziya Eren sont inscrits sur la liste des lectures cursives pour l’entretien à l’oral du baccalauréat de français. Les élèves de 1ère L ont réalisé une fiche bilan sur « être un poète en Turquie aujourd’hui »

Quelques réactions d’élèves :

  • Telma (1ère L) : « C’est bien de pouvoir accéder à l’état d’esprit d’un poète actuel; en revanche j’aurais aimé pouvoir accéder à plus de textes d’Azad pour me familiariser davantage à son univers, pouvoir poser plus de questions et le comparer à l’univers de Hugo par exemple »

  • Juliette (1ère L) : « J’ai trouvé agréable de pouvoir dialoguer avec un auteur qui a pris le temps de bien répondre à toutes nos questions »
  • Jade (1ère L) : « Une heure de rencontre, c’était un peu trop court. Son histoire nous a sensibilisés, il a vécu plein de choses. On aurait aimé en savoir davantage! »
  • Zoé (1ère L) : « Son univers était très intéressant, il nous a parlé de son film; j’aimerais beaucoup le voir ! C’est génial d’accéder aussi à la Turquie, de s’ouvrir sur un autre pays, qui vit des choses que l’on ne connaît pas ici. »

Œuvres d’Azad Ziya Eren disponibles au CDI : 

 

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