Français · Seconde
Les figures de style à connaître
Repérer les principales figures de style dans un texte. Expliquer leur effet sans réciter une définition vide.
- Identifier les figures les plus fréquentes dans un extrait.
- Distinguer les figures d'analogie, d'opposition, d'insistance et d'atténuation.
- Analyser l'effet produit sur le lecteur.
- Rédiger une remarque précise avec une citation courte.
Comprendre ce qu’est une figure de style
Une figure de style est une manière particulière d’écrire ou de parler. Elle modifie l’expression ordinaire pour produire un effet sur le lecteur. Elle peut rendre une image plus forte, créer une émotion, insister sur une idée, adoucir une réalité ou donner du rythme à une phrase.
En seconde, on n’attend pas seulement une liste apprise par cœur. Il faut savoir reconnaître la figure, la nommer, puis expliquer son effet. Une réponse complète suit donc trois étapes simples : relever les mots importants, identifier le procédé, interpréter ce qu’il apporte au texte.
Attention à une erreur fréquente : une figure de style n’est pas une décoration. Elle sert toujours le sens. Si un auteur compare un personnage à un animal, ce n’est pas seulement pour faire joli. Il peut suggérer sa force, sa ruse, sa peur, sa solitude ou sa brutalité.
| Question à se poser | Ce qu’on cherche | Exemple de réponse |
|---|---|---|
| Y a-t-il un rapprochement entre deux réalités ? | Comparaison, métaphore, personnification | Le poète donne une forme concrète à une émotion. |
| Y a-t-il une répétition ou une insistance ? | Anaphore, accumulation, gradation, hyperbole | Le texte renforce l’intensité d’une idée. |
| Y a-t-il une opposition forte ? | Antithèse, oxymore, antiphrase | La phrase crée un contraste frappant. |
| Y a-t-il un détour pour dire les choses ? | Euphémisme, litote, périphrase | L’auteur atténue ou suggère au lieu de dire directement. |
| Y a-t-il un jeu sur les sons ou la construction ? | Allitération, assonance, parallélisme | La phrase devient plus musicale ou plus marquante. |
Les figures de ressemblance et d’image
La comparaison
La comparaison rapproche deux éléments à l’aide d’un outil de comparaison : comme, tel, semblable à, pareil à, plus que. Elle comprend souvent un comparé, un comparant et un point commun.
Exemple : Ses yeux brillaient comme deux étoiles. Les yeux sont le comparé, les étoiles sont le comparant. Le point commun est la lumière. L’effet produit est une impression d’éclat et de beauté.
La métaphore
La métaphore rapproche deux réalités sans outil de comparaison. Elle est plus directe que la comparaison. Elle fait comme si une chose était une autre.
Exemple : Cette classe est une ruche. La classe n’est pas vraiment une ruche. L’image suggère l’agitation, le travail, les mouvements nombreux.
La personnification
La personnification donne des caractéristiques humaines à un objet, un animal, une idée ou un élément naturel.
Exemple : La pluie frappe aux carreaux. La pluie agit comme une personne qui cogne à une porte. L’effet rend la scène plus vivante.
L’allégorie
L’allégorie représente une idée abstraite sous une forme concrète. Elle est souvent plus développée qu’une métaphore.
Exemple : La Justice avance les yeux bandés, une balance à la main. L’idée abstraite de justice devient un personnage visible. On comprend mieux ses valeurs : impartialité, équilibre, jugement.
Les figures d’insistance, d’exagération et d’accumulation
L’anaphore
L’anaphore répète un même mot ou un même groupe de mots au début de plusieurs phrases, vers ou propositions. Elle donne du rythme et insiste sur une idée.
Exemple : Je veux comprendre. Je veux réussir. Je veux avancer. La répétition de Je veux marque la détermination.
L’accumulation
L’accumulation juxtapose plusieurs mots ou groupes de mots de même nature. Elle crée une impression d’abondance, de désordre, de vitesse ou de saturation.
Exemple : Sur la table traînaient des livres, des feuilles, des stylos, des cahiers, des brouillons. La liste donne une impression de désordre.
La gradation
La gradation organise une série de mots selon une progression. Elle peut aller vers une intensité plus forte ou plus faible.
Exemple : Il s’inquiète, il tremble, il panique. L’émotion augmente étape par étape.
L’hyperbole
L’hyperbole exagère volontairement une idée. Elle ne doit pas être prise au sens strict.
Exemple : J’ai attendu une éternité. L’attente n’a pas vraiment duré une éternité. L’expression insiste sur l’impatience ou l’ennui.
Exemple traité pas à pas
Phrase à analyser : Le vent frappe, griffe et mord les volets.
- Étape 1 : repérer les mots importants. On observe les verbes frappe, griffe et mord. Il y a 3 verbes d’action.
- Étape 2 : chercher ce qui est étrange. Le vent ne peut pas vraiment griffer ni mordre. Ces actions appartiennent plutôt à un animal ou à un être vivant.
- Étape 3 : nommer la figure. Le vent reçoit des comportements d’être vivant. On peut donc identifier une personnification.
- Étape 4 : expliquer l’effet. La personnification transforme le vent en force agressive. La scène devient plus inquiétante. Les 3 verbes créent aussi une accumulation, car les actions se succèdent et renforcent la violence.
Une bonne analyse peut donc combiner plusieurs figures, à condition de justifier chacune d’elles avec des mots précis du texte.
Les figures d’opposition et de contraste
L’antithèse
L’antithèse rapproche deux idées opposées dans une même phrase ou dans un passage. Elle met en valeur un conflit, une contradiction ou une tension.
Exemple : Il sourit le jour et pleure la nuit. L’opposition entre sourit et pleure, entre jour et nuit, souligne un décalage entre apparence et vérité intime.
L’oxymore
L’oxymore unit deux mots contradictoires dans un groupe très court, souvent un nom et un adjectif. Il crée une image surprenante.
Exemple : Une douce violence. Les mots douce et violence s’opposent. L’expression suggère une sensation ambiguë, à la fois agréable et brutale.
L’antiphrase
L’antiphrase consiste à dire le contraire de ce que l’on pense, souvent avec ironie. Le contexte permet de comprendre le vrai sens.
Exemple : Après une chute dans la boue, quelqu’un dit : Quelle élégance ! Il ne veut pas vraiment dire que la situation est élégante. Il souligne au contraire le ridicule de la scène.
Le chiasme
Le chiasme croise deux constructions selon un ordre inversé. Il crée un effet de symétrie.
Exemple : Il faut manger pour vivre, et non vivre pour manger. Les verbes et les compléments se répondent en miroir. L’effet rend la phrase mémorable et souligne une opposition de valeurs.
Les figures d’atténuation, de détour et de substitution
L’euphémisme
L’euphémisme atténue une réalité jugée dure, triste, choquante ou brutale. Il adoucit l’expression.
Exemple : Il nous a quittés. Cette formule peut éviter de dire directement qu’une personne est morte. L’effet est plus pudique.
La litote
La litote dit moins pour faire comprendre plus. Elle utilise souvent une forme négative, mais pas toujours. Elle suggère au lieu d’affirmer fortement.
Exemple : Ce n’est pas mauvais. Selon le contexte, cela peut signifier que c’est bon. La phrase reste mesurée, mais le sens est positif.
La périphrase
La périphrase remplace un mot par une expression plus longue. Elle peut éviter une répétition, valoriser une réalité ou créer un effet poétique.
Exemple : L’astre du jour pour désigner le soleil. La périphrase donne une dimension plus noble ou plus poétique.
La métonymie
La métonymie remplace un mot par un autre qui entretient avec lui un lien logique : le contenant pour le contenu, le lieu pour l’institution, l’objet pour la personne qui l’utilise.
Exemple : Boire un verre. On ne boit pas le verre lui-même, mais son contenu.
La synecdoque
La synecdoque est proche de la métonymie. Elle consiste souvent à désigner le tout par une partie, ou une partie par le tout.
Exemple : Une voile apparaît à l’horizon. La voile désigne le bateau entier.
Les figures de sonorité et de construction
L’allitération
L’allitération répète un même son consonne. Elle peut imiter un bruit, créer une harmonie ou rendre une phrase plus expressive.
Exemple : Les serpents silencieux glissent sous les pierres. La répétition du son s peut évoquer un glissement ou un sifflement.
L’assonance
L’assonance répète un même son voyelle. Elle donne une couleur sonore au texte.
Exemple : La mer lente berce les rêves. Le retour du son è adoucit la phrase et crée une impression de lenteur.
Le parallélisme
Le parallélisme reprend une même construction grammaticale. Il donne de l’ordre, du rythme et de la force à l’expression.
Exemple : Il cherche la paix, elle cherche la vérité. Les deux parties suivent la même structure. La phrase devient plus équilibrée.
L’ellipse
L’ellipse supprime un mot que le lecteur peut facilement deviner. Elle accélère le rythme et rend la phrase plus vive.
Exemple : L’un court, l’autre aussi. Le verbe court est sous-entendu dans la deuxième partie.
- Image : comparaison, métaphore, personnification, allégorie.
- Insistance : anaphore, accumulation, gradation, hyperbole.
- Opposition : antithèse, oxymore, antiphrase, chiasme.
- Détour : euphémisme, litote, périphrase, métonymie, synecdoque.
- Sons et construction : allitération, assonance, parallélisme, ellipse.
Méthode à appliquer le jour de l’évaluation
Commence par lire la phrase entière. Ne cherche pas une figure isolée trop vite. Le contexte peut changer l’interprétation, surtout pour l’ironie, la litote ou l’euphémisme.
- Repère une anomalie expressive. Demande-toi si la phrase compare, répète, oppose, exagère, atténue ou joue sur les sons.
- Souligne les mots précis. Une figure se prouve toujours par le texte. Cite seulement les termes utiles.
- Nomme la figure. Choisis le terme le plus juste. Ne confonds pas comparaison et métaphore : la comparaison possède un outil visible, la métaphore non.
- Explique l’effet produit. Évite les formules vagues. Dis si la figure rend la scène plus vivante, plus violente, plus ironique, plus poétique, plus triste ou plus convaincante.
- Relie l’effet au sens du passage. Une figure sert une idée. Elle peut révéler un sentiment, critiquer un personnage, dramatiser une situation ou renforcer un argument.
Rédige une phrase complète : L’expression « la ville rugit » est une personnification, car la ville reçoit une action humaine ou animale. Elle apparaît ainsi comme un être bruyant et menaçant. Cette forme de réponse suffit souvent : citation, identification, justification, interprétation.
Si plusieurs figures semblent possibles, garde celle que tu peux démontrer le plus clairement. Une analyse exacte vaut mieux qu’une liste de noms. Relis enfin ta réponse : le nom de la figure doit correspondre aux mots cités et à l’effet expliqué.
Claire Fontanel
- Le piège : confondre comparaison et métaphore, puis vérifier la présence d'un outil comme comme, tel ou pareil à.
- Le piège : appeler toute répétition une anaphore, puis regarder si le mot revient au début de plusieurs groupes ou phrases.
- Le piège : nommer la figure sans expliquer son effet, puis relier le procédé au thème, au ton ou au jugement porté.
- Le piège : chercher une figure à tout prix, puis s'appuyer seulement sur des mots précis du texte.
En contrôle, les points viennent surtout d'une identification juste, d'une citation brève et d'une explication de l'effet produit. Une liste de noms appris par cœur rapporte peu si elle ne sert pas l'analyse du passage.
Professeure de lettres, responsable éditoriale
Claire Fontanel, professeure de lettres et responsable éditoriale, fixe une ligne simple : aider à lire, comprendre, rédiger, sans simplifier à l’excès. Ses textes couvrent le français, la philosophie et la mét...
Questions fréquentes
On nous demande souvent
figures de style liste seconde
La liste à connaître en Seconde regroupe surtout comparaison, métaphore, personnification, antithèse, oxymore, hyperbole, gradation, anaphore, euphémisme et litote. Il faut surtout savoir les reconnaître dans une phrase et expliquer leur effet.
comment reconnaître une métaphore ?
Une métaphore rapproche deux réalités sans outil de comparaison. Si le texte dit que la mer est un monstre, il ne compare pas avec comme : il transforme directement la mer en monstre.
différence entre hyperbole et gradation
L'hyperbole exagère une idée pour frapper le lecteur. La gradation organise plusieurs mots ou idées dans un ordre croissant ou décroissant.
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