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SES · Terminale

Le chômage : causes et politiques

On identifie les grandes causes du chômage et les politiques adaptées. On sait distinguer chômage classique, keynésien et structurel dans un sujet.

Type : Fiche de cours Niveau d'exigence : Standard À réviser en : 30 min Lecture : 8 min Mis à jour le : 13/08/2026
Le chômage : causes et politiques
Ce qu'il faut savoir faire
  • Définir le chômage et repérer ses différentes formes.
  • Distinguer les causes classiques, keynésiennes et structurelles du chômage.
  • Relier chaque type de chômage à une politique économique adaptée.
  • Mobiliser les notions de coût du travail, demande globale et appariement.

Comprendre ce que mesure le chômage

Le chômage désigne la situation d’une personne sans emploi, disponible pour travailler et en recherche active d’emploi. Cette définition permet de distinguer le chômage de l’inactivité. Un élève, une personne retraitée ou une personne qui ne cherche plus d’emploi ne sont pas comptés comme chômeurs, même s’ils ne travaillent pas.

En SES, on raisonne avec trois notions proches mais différentes.

  • Population active : personnes qui occupent un emploi ou qui sont au chômage.
  • Emploi : activité rémunérée déclarée, salariée ou indépendante.
  • Chômage : absence d’emploi, avec disponibilité et recherche active.

La formule centrale est la suivante :

  • Taux de chômage = nombre de chômeurs ÷ population active × 100.

Il faut éviter une erreur classique : le taux de chômage ne se calcule pas par rapport à toute la population. Il se calcule par rapport à la population active. Si beaucoup de personnes quittent le marché du travail, le taux de chômage peut baisser sans que l’emploi progresse vraiment. C’est pourquoi on observe aussi le taux d’emploi, qui rapporte les personnes en emploi à la population en âge de travailler.

Exemple pas à pas

On suppose une économie fictive avec 2 000 actifs. Parmi eux, 1 820 ont un emploi et 180 sont au chômage.

  1. On identifie la population active : 2 000.
  2. On identifie les chômeurs : 180.
  3. On applique la formule : 180 ÷ 2 000 × 100.
  4. On calcule : 180 ÷ 2 000 = 0,09.
  5. On obtient donc : 0,09 × 100 = 9.

Le taux de chômage est donc de 9 %. Si 40 chômeurs trouvent un emploi et que la population active reste à 2 000, il reste 140 chômeurs. Le nouveau taux est 140 ÷ 2 000 × 100 = 7 %. L’emploi augmente et le chômage diminue.

Les grandes formes de chômage

Le chômage n’a pas une cause unique. Il peut venir d’un manque de demande, d’un problème de coût du travail, d’un décalage entre les qualifications et les emplois disponibles, ou encore du temps nécessaire pour trouver un poste. On distingue donc plusieurs formes de chômage.

Forme de chômage Cause principale Exemple de mécanisme
Chômage conjoncturel Ralentissement de l’activité économique Les entreprises vendent moins, produisent moins et embauchent moins.
Chômage structurel Déséquilibres durables sur le marché du travail Des emplois existent, mais les qualifications demandées ne correspondent pas aux profils disponibles.
Chômage frictionnel Temps de transition entre deux emplois Un actif quitte un poste et cherche un emploi mieux adapté.
Chômage classique Coût du travail jugé trop élevé par rapport à la productivité Une entreprise renonce à embaucher si le salarié coûte plus qu’il ne rapporte.
Chômage keynésien Insuffisance de la demande globale Les ménages consomment moins, les entreprises réduisent leur production.

Ces catégories ne s’excluent pas. Une même situation peut combiner plusieurs causes. Par exemple, une crise économique peut réduire la demande, donc créer du chômage conjoncturel. Mais si certains secteurs déclinent durablement pendant que d’autres recherchent de nouvelles compétences, le chômage devient aussi structurel.

Les causes du chômage : demande, coût du travail et qualifications

Une demande insuffisante

Quand la demande adressée aux entreprises diminue, elles n’ont pas besoin de produire autant. Elles réduisent alors les embauches, ne remplacent pas certains départs ou suppriment des postes. Ce mécanisme correspond à une analyse keynésienne : l’emploi dépend du niveau de production, lui-même lié à la demande globale.

La demande globale regroupe notamment la consommation des ménages, l’investissement des entreprises et la demande extérieure. Si les ménages reportent leurs achats ou si les entreprises anticipent peu de débouchés, l’activité ralentit. Le chômage augmente alors même si les salariés acceptaient de travailler au salaire courant.

Un coût du travail supérieur à la productivité

Dans l’analyse classique, l’embauche dépend du coût du travail comparé à la productivité du salarié. Le coût du travail comprend le salaire net, les cotisations sociales et les autres coûts liés à l’emploi. La productivité mesure ce que le travailleur permet de produire en valeur.

Si un salarié coûte 30 unités par heure à l’entreprise et produit une valeur de 25 unités par heure, l’embauche crée une perte de 5 unités par heure. L’entreprise n’embauche pas. Si une baisse de charges réduit le coût à 24 unités, l’embauche devient possible : la valeur produite dépasse le coût de 1 unité. Cet exemple reste simplifié, car l’entreprise tient aussi compte de la demande, de l’organisation du travail et de ses anticipations.

Des problèmes d’appariement

Le chômage peut aussi venir d’un mauvais appariement entre l’offre et la demande de travail. L’offre de travail vient des actifs qui cherchent un emploi. La demande de travail vient des entreprises qui proposent des postes. Le problème apparaît quand les emplois disponibles ne correspondent pas aux qualifications, aux expériences ou à la localisation des personnes au chômage.

Ce chômage structurel peut augmenter avec les transformations économiques. Certains métiers reculent, d’autres se développent. Les compétences attendues changent. Une formation insuffisante, une mobilité géographique difficile ou une information imparfaite sur les offres peuvent freiner le retour à l’emploi.

Les politiques de lutte contre le chômage

Une politique de l’emploi doit d’abord identifier le type de chômage visé. Une mesure efficace contre le chômage conjoncturel ne règle pas forcément un problème de qualification. À l’inverse, une politique de formation ne suffit pas si les entreprises manquent de clients.

Soutenir la demande

Face au chômage conjoncturel, les pouvoirs publics peuvent soutenir l’activité. Ils peuvent augmenter certaines dépenses publiques, encourager l’investissement ou soutenir le revenu des ménages. L’objectif est de relancer la demande, donc la production, puis l’emploi.

Cette stratégie a des limites. Elle peut creuser les déficits publics. Elle peut aussi profiter à des producteurs étrangers si la demande supplémentaire se porte sur des biens importés. Elle fonctionne surtout si les entreprises ont des capacités de production disponibles et si elles anticipent une demande durable.

Réduire le coût du travail

Pour agir sur le chômage classique, l’État peut chercher à réduire le coût du travail, notamment pour les emplois peu qualifiés. L’objectif est de rendre l’embauche plus rentable lorsque la productivité est faible ou moyenne.

Cette politique peut favoriser l’emploi, mais elle présente aussi des limites. Elle réduit les recettes qui financent la protection sociale si elle n’est pas compensée. Elle peut créer des effets d’aubaine : une entreprise bénéficie d’une aide pour une embauche qu’elle aurait réalisée de toute façon. Elle ne suffit pas si le problème principal vient d’une demande insuffisante.

Améliorer la formation et l’accompagnement

Pour réduire le chômage structurel, les politiques peuvent viser les qualifications. La formation initiale, la formation continue et la reconversion aident les actifs à s’adapter aux besoins du marché du travail. L’accompagnement des chômeurs peut aussi améliorer l’accès aux offres, la préparation des candidatures et l’orientation vers les secteurs qui recrutent.

Ces politiques agissent souvent plus lentement. Elles demandent une bonne identification des compétences utiles. Former sans débouchés réels ne réduit pas le chômage. Il faut donc articuler formation, information et besoins productifs.

Agir sur le fonctionnement du marché du travail

Les pouvoirs publics peuvent aussi modifier les règles du marché du travail. Ils peuvent chercher à rendre les embauches plus simples, à sécuriser les parcours professionnels ou à indemniser les périodes de chômage. L’enjeu consiste à concilier deux objectifs : permettre aux entreprises d’adapter leur main-d’œuvre et protéger les travailleurs contre la précarité.

L’assurance chômage joue ici un rôle important. Elle protège le revenu des personnes privées d’emploi et soutient la demande. Mais ses règles peuvent aussi influencer l’intensité de la recherche d’emploi. L’analyse doit rester nuancée : une indemnisation ne crée pas mécaniquement du chômage, mais elle modifie les incitations et la sécurité des parcours.

Méthode le jour de l’évaluation

Commence par définir précisément le chômage. Mentionne la population active, puis distingue chômage et inactivité. Si un document donne des données, calcule le taux avec la bonne formule et commente le résultat en une phrase claire.

Ensuite, identifie la cause dominante. Demande-toi si le document parle d’une baisse de la demande, d’un coût du travail trop élevé, d’un manque de qualifications, d’une difficulté de recrutement ou d’une transition entre emplois. Associe chaque cause à la forme de chômage correspondante.

Pour construire une réponse organisée, utilise un raisonnement simple :

  1. Définir la notion centrale.
  2. Identifier le mécanisme économique.
  3. Relier ce mécanisme à une forme de chômage.
  4. Présenter une politique adaptée.
  5. Ajouter une limite pour montrer la nuance.

Dans une question de mobilisation de connaissances, évite la liste. Explique les enchaînements : baisse de la demande, baisse de la production, réduction des embauches, hausse du chômage. Dans une étude de document, cite les données utiles, puis interprète-les. Dans un raisonnement argumenté, oppose au moins deux explications du chômage et montre que les politiques dépendent du diagnostic.

Ne conclus jamais qu’une seule politique suffit. Le chômage est souvent multifactoriel. Une bonne copie combine les politiques de soutien à l’activité, de baisse ciblée du coût du travail, de formation et d’accompagnement. La qualité attendue tient surtout à la précision des mécanismes et à la capacité à relier chaque solution à une cause clairement identifiée.

Claire Fontanel

Les pièges classiques
  • Le piège : confondre chômage classique et chômage keynésien. Pour l’éviter, partir de la cause : coût du travail trop élevé d’un côté, demande insuffisante de l’autre.
  • Le piège : croire qu’une seule politique suffit toujours. Pour l’éviter, associer chaque mesure au diagnostic posé : baisse du coût du travail, relance de la demande, formation, accompagnement.
  • Le piège : oublier le chômage structurel. Pour l’éviter, penser aux problèmes de qualification, de mobilité, d’information et d’appariement entre offres et demandes d’emploi.
  • Le piège : réciter des définitions sans mécanisme. Pour l’éviter, écrire la chaîne causale : cause, effet sur l’emploi, type de chômage, politique possible.
Ce qui rapporte des points

Ce qui rapporte des points, c’est le lien précis entre diagnostic et politique. Une bonne copie définit les notions, explique les mécanismes et montre qu’une mesure peut être efficace pour un type de chômage mais moins adaptée pour un autre.

Claire Fontanel

Professeure de lettres, responsable éditoriale

Claire Fontanel, professeure de lettres et responsable éditoriale, fixe une ligne simple : aider à lire, comprendre, rédiger, sans simplifier à l’excès. Ses textes couvrent le français, la philosophie et la mét...

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Questions fréquentes

On nous demande souvent

chômage classique ses terminale c’est quoi

Le chômage classique vient d’un coût du travail jugé trop élevé par les entreprises. Elles limitent alors les embauches, car produire avec davantage de salariés ne leur paraît pas rentable.

chômage keynésien ses terminale définition

Le chômage keynésien vient d’une demande globale insuffisante. Les entreprises anticipent des ventes trop faibles, donc elles produisent moins et recrutent moins.

quelles politiques contre le chômage en ses

Les politiques dépendent du diagnostic. On peut agir sur le coût du travail, soutenir la demande, améliorer la formation, faciliter la recherche d’emploi ou réduire les problèmes d’appariement.