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SVT · Terminale

Le système immunitaire

On identifie les acteurs de l’immunité et leur rôle. On relie immunité innée, réponse adaptative et mémoire immunitaire dans un raisonnement clair.

Type : Fiche de cours Niveau d'exigence : Standard À réviser en : 35 min Lecture : 8 min Mis à jour le : 13/08/2026
Le système immunitaire
Ce qu'il faut savoir faire
  • Distinguer immunité innée et immunité adaptative.
  • Expliquer le rôle des cellules immunitaires et des anticorps.
  • Relier sélection clonale, expansion clonale et mémoire immunitaire.
  • Interpréter une expérience ou un graphique sur une réponse immunitaire.

Les lignes de défense de l’organisme

Le système immunitaire protège l’organisme contre les agents infectieux, comme les virus, les bactéries, les champignons microscopiques ou certains parasites. Il agit aussi contre des cellules anormales, par exemple des cellules infectées ou tumorales. En Terminale, il faut surtout comprendre une idée centrale : l’immunité repose sur une coopération entre des cellules, des molécules et des organes.

On distingue deux grands niveaux de défense. L’immunité innée agit rapidement. Elle est présente dès la naissance et reconnaît des caractéristiques communes à de nombreux agents infectieux. L’immunité adaptative agit plus lentement lors du premier contact, mais elle est spécifique d’un antigène et produit une mémoire immunitaire.

Type d’immunité Vitesse d’action Spécificité Mémoire Acteurs principaux
Immunité innée Rapide Faible, reconnaissance de motifs communs Pas de mémoire spécifique durable Barrières, phagocytes, inflammation, cellules sentinelles
Immunité adaptative Plus lente au premier contact Très forte, reconnaissance d’un antigène précis Oui, grâce aux lymphocytes mémoire Lymphocytes B, lymphocytes T, anticorps

Les barrières physiques et chimiques forment la première protection. La peau limite l’entrée des microbes. Les muqueuses produisent du mucus qui piège des particules. Certaines sécrétions contiennent des molécules antimicrobiennes. Si un agent infectieux franchit ces barrières, des cellules immunitaires peuvent détecter sa présence et déclencher une réaction locale.

L’immunité innée : une réponse rapide et non spécifique

L’immunité innée commence souvent par une réaction inflammatoire. Elle apparaît dans un tissu agressé ou infecté. Les signes classiques sont la rougeur, la chaleur, le gonflement et la douleur. Ces signes s’expliquent par des modifications locales : les vaisseaux sanguins se dilatent, leur perméabilité augmente, et des cellules immunitaires quittent le sang pour rejoindre le foyer infectieux.

Des cellules sentinelles, présentes dans les tissus, reconnaissent des éléments typiques des agents infectieux. Elles libèrent alors des médiateurs chimiques de l’inflammation. Ces molécules attirent des leucocytes, notamment des phagocytes.

La phagocytose

La phagocytose est un mécanisme clé de l’immunité innée. Un phagocyte reconnaît un élément étranger, l’englobe, puis le digère grâce à des enzymes. Ce mécanisme ne cible pas un antigène unique avec la précision de l’immunité adaptative, mais il permet une élimination rapide de nombreux agents infectieux.

  1. Le phagocyte adhère à l’agent infectieux.
  2. Il l’entoure avec sa membrane.
  3. Il forme une vésicule interne contenant l’agent infectieux.
  4. Des enzymes digestives détruisent l’élément phagocyté.
  5. Des fragments peuvent ensuite être présentés à d’autres cellules immunitaires.

Cette dernière étape fait le lien entre immunité innée et immunité adaptative. Certaines cellules, comme les cellules dendritiques, peuvent présenter des fragments d’antigène à des lymphocytes. Elles jouent donc un rôle de relais.

L’immunité adaptative : spécificité, sélection clonale et mémoire

L’immunité adaptative repose sur les lymphocytes. Chaque lymphocyte porte un récepteur particulier capable de reconnaître un antigène donné. Avant même l’infection, l’organisme possède une grande diversité de lymphocytes. Lorsqu’un antigène entre dans l’organisme, seuls les lymphocytes capables de le reconnaître sont activés. C’est la sélection clonale.

Les lymphocytes B et les anticorps

Les lymphocytes B reconnaissent des antigènes grâce à des récepteurs membranaires. Après activation, ils se multiplient puis se différencient en plasmocytes. Les plasmocytes sécrètent des anticorps. Un anticorps est une molécule spécifique qui se fixe à un antigène. Cette fixation peut neutraliser un agent infectieux ou faciliter sa phagocytose.

Un anticorps possède une partie variable qui reconnaît l’antigène et une partie constante qui participe à l’élimination. La spécificité vient de la complémentarité de forme entre le site de fixation de l’anticorps et l’antigène.

Les lymphocytes T

Les lymphocytes T ne reconnaissent pas directement un antigène libre. Ils reconnaissent un fragment d’antigène présenté par une cellule. Les lymphocytes T cytotoxiques détruisent des cellules infectées, notamment par des virus. Cette destruction limite la multiplication de l’agent infectieux à l’intérieur des cellules.

D’autres lymphocytes T participent à la coordination de la réponse immunitaire. Ils stimulent l’activation et la multiplication d’autres cellules, notamment des lymphocytes B et des lymphocytes T cytotoxiques. L’immunité adaptative est donc une réponse coopérative.

Exemple traité pas à pas : la sélection clonale

On suppose qu’un lymphocyte B reconnaît un antigène donné. Après activation, il se divise. Si chaque cellule donne deux cellules à chaque division, on peut suivre l’expansion clonale.

  1. Au départ, il y a un lymphocyte B sélectionné.
  2. Après une division, on obtient deux cellules.
  3. Après deux divisions, chaque cellule se divise encore : deux multiplié par deux égale quatre cellules.
  4. Après trois divisions : quatre multiplié par deux égale huit cellules.
  5. Après quatre divisions : huit multiplié par deux égale seize cellules.

Le résultat montre l’intérêt de la sélection clonale. Une cellule rare, capable de reconnaître un antigène précis, peut produire rapidement un clone de cellules efficaces. Certaines deviennent des plasmocytes sécréteurs d’anticorps. D’autres deviennent des cellules mémoire.

La mémoire immunitaire et la vaccination

Après une première rencontre avec un antigène, la réponse adaptative laisse des lymphocytes mémoire. Lors d’un nouveau contact avec le même antigène, ces cellules s’activent plus vite et plus fortement. La réponse secondaire est donc plus efficace que la réponse primaire.

La vaccination utilise ce principe. Elle expose l’organisme à un antigène ou à un élément capable de déclencher une réponse immunitaire sans provoquer la maladie dans sa forme dangereuse. L’objectif est de produire des cellules mémoire. Si l’agent infectieux réel est rencontré plus tard, l’organisme réagit rapidement.

Il ne faut pas confondre vaccination et traitement curatif. La vaccination prépare le système immunitaire avant l’exposition ou avant une forme grave de l’infection. Un traitement agit sur une maladie déjà installée ou sur ses effets.

  • Réponse primaire : première rencontre avec l’antigène, réponse plus lente, production de cellules effectrices et mémoire.
  • Réponse secondaire : nouvelle rencontre avec le même antigène, réponse plus rapide et plus intense.
  • Cellule mémoire : lymphocyte durable, spécifique d’un antigène déjà rencontré.
  • Antigène : élément reconnu par le système immunitaire adaptatif.
  • Anticorps : molécule produite par les plasmocytes, capable de se fixer spécifiquement à un antigène.

La mémoire immunitaire explique aussi pourquoi certaines infections ne se contractent qu’une fois, ou se manifestent moins fortement lors d’un nouveau contact. Cependant, cette protection dépend de nombreux facteurs, dont la nature de l’agent infectieux et l’évolution de ses antigènes.

Quand le système immunitaire se dérègle

Un système immunitaire efficace doit reconnaître les éléments dangereux sans attaquer les constituants normaux de l’organisme. Cet équilibre peut se dérégler.

Dans une allergie, le système immunitaire réagit de façon excessive contre une substance normalement peu dangereuse, appelée allergène. Cette réaction peut provoquer des symptômes variables selon les tissus touchés. Elle montre que l’immunité n’est pas seulement une défense utile : elle peut aussi produire des effets gênants ou dangereux si elle est mal contrôlée.

Dans une maladie auto-immune, le système immunitaire attaque des éléments du soi. Le problème ne vient donc pas d’un agent infectieux à éliminer, mais d’une perte de tolérance envers certaines molécules de l’organisme. La distinction entre soi et non soi est donc essentielle.

Le système immunitaire peut aussi être affaibli. On parle d’immunodéficience quand certaines défenses ne fonctionnent pas correctement. L’organisme devient alors plus vulnérable à des infections. Cette immunodéficience peut avoir des causes différentes, par exemple génétiques, infectieuses ou liées à certains traitements.

Retenir ces dérèglements aide à éviter une vision trop simple. Le système immunitaire ne se résume pas à une armée qui détruit des microbes. Il régule, reconnaît, mémorise, coopère et peut se tromper.

Méthode pour réussir le jour de l’évaluation

Face à un sujet sur l’immunité en Terminale, commence par identifier le type de réponse immunitaire demandé. Repère les mots du sujet : inflammation, phagocytose, anticorps, lymphocytes, mémoire, vaccination, cellule infectée. Ces termes orientent immédiatement vers l’immunité innée ou adaptative.

  1. Définir les acteurs : nomme les cellules et les molécules utiles. Évite les termes vagues comme « globules blancs » si le sujet attend phagocyte, lymphocyte B, lymphocyte T ou plasmocyte.
  2. Mettre les étapes dans l’ordre : détection, activation, multiplication, différenciation, action effectrice, mémoire. Une réponse bien ordonnée vaut mieux qu’une liste de notions.
  3. Relier les deux immunités : l’innée déclenche et oriente souvent l’adaptative. Les cellules présentatrices d’antigène font le lien.
  4. Utiliser le vocabulaire de la spécificité : antigène, récepteur, anticorps, sélection clonale, clone, mémoire.
  5. Expliquer l’intérêt biologique : neutraliser un agent infectieux, détruire une cellule infectée, accélérer une réponse secondaire, limiter une infection.

Pour analyser un document, commence par décrire ce qui est visible, puis interprète avec le cours. Si un graphique montre une concentration d’anticorps qui augmente après une exposition, indique d’abord l’augmentation, puis relie-la à l’activation des lymphocytes B et à la production de plasmocytes. Si une seconde exposition provoque une réponse plus rapide, conclus à l’existence d’une mémoire immunitaire.

Pour un schéma, place toujours les flèches dans le bon sens. Un antigène active un lymphocyte spécifique. Le lymphocyte sélectionné se multiplie. Les cellules obtenues se différencient. Les plasmocytes produisent des anticorps. Les lymphocytes mémoire persistent. Cette chaîne logique permet de construire une réponse claire sans réciter tout le cours.

À retenir : l’immunité innée est rapide et générale. L’immunité adaptative est spécifique et mémorisée. Les deux fonctionnent ensemble. La vaccination exploite la mémoire immunitaire pour préparer une réponse plus efficace.

Hugo Arbonnier

Les pièges classiques
  • Le piège : confondre antigène et anticorps, puis éviter l’erreur en définissant l’antigène comme l’élément reconnu et l’anticorps comme la molécule produite contre lui.
  • Le piège : croire que l’immunité innée est une réponse faible, puis rappeler qu’elle est rapide, non spécifique et indispensable au déclenchement de la suite.
  • Le piège : mélanger lymphocytes B et lymphocytes T, puis associer les B aux anticorps et certains T à la destruction des cellules infectées.
  • Le piège : résumer le vaccin à une protection immédiate, puis expliquer qu’il prépare surtout une mémoire immunitaire plus rapide lors d’un nouveau contact.
Ce qui rapporte des points

Les points viennent surtout d’un enchaînement clair : reconnaissance de l’antigène, activation des lymphocytes, amplification de la réponse, élimination puis mémoire. Au contrôle, il faut nommer les cellules et les molécules utiles, sans tout réciter si le document demande une interprétation.

Hugo Arbonnier

Professeur de mathématiques

Hugo Arbonnier signe les contenus de mathématiques, de physique-chimie et de NSI avec une priorité simple : rendre les notions vérifiables, utilisables, sans les réduire à des recettes. Sa ligne éditoriale priv...

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Questions fréquentes

On nous demande souvent

c’est quoi l’immunité innée ?

C’est la première défense de l’organisme. Elle agit vite, de manière non spécifique, avec des barrières, des cellules sentinelles, l’inflammation et la phagocytose.

différence entre lymphocyte B et T ?

Les lymphocytes B se différencient en plasmocytes qui produisent des anticorps. Les lymphocytes T participent à la coordination de la réponse ou détruisent des cellules infectées selon leur type.

pourquoi un vaccin protège ?

Un vaccin expose l’organisme à un antigène sans provoquer la maladie visée. Il permet la formation de cellules mémoire, capables de réagir plus vite lors d’un contact ultérieur.